"OnDécrypte l'Hebdo" - De Sommets en Sommets
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Découvrez l'intégralité de notre suivi des marchés de la semaine - 14 septembre 2026
Le 18e sommet des BRICS+, groupement réunissant certains des plus importants pays émergents de la planète, s’est tenu les 12 et 13 septembre à New Delhi en Inde. Ce rendez-vous annuel a eu lieu quelques jours seulement après le 26e sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) à Bichkek au Kirghizistan, qui a réuni pour sa part une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement eurasiatique, dont déjà certains membres les plus importants des BRICS+, pour le 25e anniversaire de cette organisation. Début septembre, c’est le sommet du G20 Finance qui avait ouvert le bal de ces grandes rencontres internationales à Asheville aux États-Unis, avec une nouvelle illustration des divergences croissantes observées au sein de ces groupes internationaux et régionaux dans un monde moins coopératif et plus conflictuel, comme nous le décrivons dans nos Perspectives Économiques et Financières. Des tensions qui se traduisent concrètement par l’absence de plus en plus fréquente de communiqué commun à l’issue de ces sommets, faute de consensus.
Ce fut en l’occurrence le cas à l’issue du G20 Finance, dominé par les priorités de l’agenda économique de Washington, et qui a confirmé les divisions géopolitiques et les fractures géoéconomiques sous la présidence américaine. En l’absence de l’Afrique du Sud, non conviée, et du Brésil, sans représentant, l’invitation du ministre des Finances russes, une première depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, a reçu une vive opposition des membres européens. Dans un contexte de guerre commerciale entre le pays hôte et le Canada, les pays membres du G7 sont apparus plus divisés que jamais. La délégation européenne a ainsi rejeté l’unilatéralisme des États-Unis sur la question du rééquilibrage du Yuan et des échanges avec la Chine par l’imposition de droits de douane, préconisant une action coordonnée avec le FMI, critiquant également l’intervention de soutien au Yen par vente d’euros du Trésor américain réalisée sans concertation préalable cet été. En contraste, les membres de l’OCS font front commun pour la promotion d’un nouvel ordre mondial multipolaire, dans un système international basé sur le multilatéralisme et la souveraineté égale des États, en condamnant les sanctions unilatérales et le protectionnisme commercial. Ce sommet s’est conclu sur la Déclaration de Bichkek condamnant unanimement les frappes militaires contre l’Iran en violations de la loi internationale, sans condamner pour autant, en vertu de cette même loi, les opérations russes en Ukraine. Au sein des BRICS+, le jeu des alliances dans le conflit au Moyen-Orient opposant ouvertement certains membres, l’Iran et les Émirats Arabes Unis, rend l’exercice plus délicat. Les 140 points de la déclaration de New Delhi, évitant de citer explicitement les États-Unis, sont restés suffisamment vagues sur les « tensions au Moyen-Orient » pour obtenir l’accord des parties prenantes.
C’est dans ce contexte que s’est ouvert la semaine dernière la 81e Assemblée générale de l’ONU. Son président, M. Khalilur Rahman, lucide sur les défis de ce monde qui se régionalise, s’est engagé à « œuvrer sans relâche pour restaurer la confiance » envers l’ONU et le multilatéralisme. Les interventions des chefs d’État dans le cadre du débat général du 22 au 26 septembre, dont l’ordre du jour est « Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations unies au service de tous » donneront probablement encore davantage de relief aux oppositions de vision déjà relevées dans le cadre de ces autres sommets. Un monde que nous décryptons dans notre vision stratégique, où les alliances d’hier et d’aujourd’hui se heurtent aux intérêts propres de chacun et aux quêtes individuelles de souveraineté.
Focus de la semaine
« …des groupes internationaux et régionaux dans un Monde moins coopératif »
Écoutez le podcast
De Sommets en Sommets : les fractures d'un monde en quête d'équilibre
Frédéric KLEISS
Responsable du pôle Recherche Macroéconomique
et Communication Front Office
Sommaire
Analyse de l’évolution des marchés :
- Obligataire par Matthieu OHANA
- Actions Europe par Thomas THIROUIN
- Actions Internationales par Henry MILLER
Analyse Suivi Macroéconomique :
- États-Unis par Sébastien BERTHELOT
- Asie par Jean-Louis MOURIER
- Europe par Éloïse GIRARD-DESBOIS et Jean-Louis MOURIER